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Imam Kanté analyse un témoignage de oustaz Barham Diop sur El Hadj Malick Sy

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Paix sur vous
Un témoignage fort instructif de l’érudit niassène Barham Diop sur El Hadj Malick Sy (Rahmatoullahi alayhim).
A mon humble avis, c’est d’un viatique qu’il s’agit en termes de rapport lucide aux grandes figures confrériques de notre pays. En lieu et place d’un culte de personnalité ou d’argument d’autorité, Maodo indique ses références et ses objectifs dans ce qu’il fait et dit. Ce qui veut dire qu’il ne se considère pas comme étant lui-même la source mais quelqu’un qui cherche à adosser ses actes et ses motivations aux enseignements de l’islam.
Aussi, Maodo fait preuve d’audace pédagogique en évoquant le principe de Ihtiyât (précaution) dans le Fiqh (Droit islamique) pour soutenir la thèse selon la quelle la denrée arachide devrait être incluse dans celles qui sont concernées par la Zakat portant sur ce qui est cultivé.
Ici, il faut comprendre le principe précaution comme étant la prudence qui conduit à préférer le plus au moins, c’est-à-dire, dans ce cas d’espèce, inclure l’arachide plutôt que de ne pas le faire et ainsi rater quelque chose et ne pas satisfaire un droit des pauvres. J’aurai tendance à dire que ce faisant, Maodo a opté pour la solidarité, la compassion et la précaution positive.
Enfin, pour la wazifa du matin, je ne suis pas Tijane pour parler de ses fondements théologiques et ésotériques, mais je me sens interpellé par ce témoignage en ce que, le cas échéant, Maodo l’a introduit pour des raisons bien précises.
Pour ce qui est de poser la main droite sur la main gauche lors de la prière, no comment. Ce n’est pas la façon des « ibadou » dont il s’agit, mais plutôt, de la souffrance d’un érudit qui est dans un environnement et un contexte tels qu’il fait un certain choix. Ce qui pose problème à mes yeux c’est que l’on se justifie de Maodo et pas d’un argumentaire en Fiqh comme lui nous y a conviés par ses actes et propos, pour rejeter la pratique en cause.
J’ai trouvé ce court témoignage fort pertinent relativement au contexte actuel et aux débats en cours sur l’islam et les musulmans au Sénégal.
Plus qu’un témoignage, c’est d’un puissant intrant pédagogique qu’il s’agit en faveur d’une éthique de la divergence apaisée et un rapport serein aux grandes figures musulmanes qui nous ont précédés. Il n’est pas évident que c’est lorsqu’on crie « euskey serigne bi », « keen dou moom », etc, qu’on leur est vraiment fidèle.
Bien à vous

Par Ahmad Makhtar Kanté

Imam, écrivain, conférencier

Fondateur de la plateforme Tibiane.com

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